« Le secret des boites secrètes » Par Yoshio Okiyama

Yoshio Okiyama est l’un des plus grands artistes créateur de boites à secrets Japonaises que je connaisse, il a remporté de nombreux prix et récompenses pour son travail et est reconu mondialement comme l’un des maîtres artisants de cet art.

L’article que je vous propose aujourd’hui est la traduction d’un article que j’ai trouvé en anglais sur internet (lien vers la version anglaise en fin d’article) et offrant la vision de Yoshio Okiyama à propos de son métier. C’est un article assez complexe qui vous en apprendra plus sur les boites à secrets japonaises, leurs fabrication et les termes japonais utilisés.

J’ai fait la traduction moi-même mais le texte d’origine en anglais traduit du Japonais est déjà approximatif. J’ai essayé de rester le plus clair et proche de la version originale possible.

Le secret des boites à secrets, Yoshio Okiyama

Maintenant je vais parler du « secret des boites à secrets »

On dit que l’origine des boites à secrets viens des commodes qui se vérouillent grâce à un mécanisme, comme les vieux coffres spéciaux. Mais nous ne savons pas quand et par qui la première boite a été faite.

Nous connaissons la « Post secret box » qui est la boite secrète Japonaise la plus ancienne connue aujourd’hui, et qui a la forme d’une boite à secret. Celle-ci a probablement été faite vers 1907, étant donné que le Yosegi sur la plaque latérale de cette boite était plutôt mince. Cette boite a donc permis d’améliorer la technique de marqueterie Yosegi, maintenant aussi fine qu’une feuille de papier. On peut aussi noter que l’outil pour fabriquer le papier Yosegi a été inventé autours de l’année 1907.

Le Yosegi n’est pas tout de suite aussi décoratif que ce les motifs variés et colorés qu’on connait aujourd’hui et au début, une simple plaque en bois précieux est collée sur la boite à secret. Ensuite, pour la traiter, elle est raboté et frotté avec du papier de verre spécial appellé « Tosuka » enfin, une couche de cire est appliquée. C’est ainsi que le Yosegi était fait à Hakone.

Le motif Yosegi sur le dessus de la boite était une image du mont Fuji et celui sur le fond de la boite représentait un oiseau et une fleur. D’ailleurs, la plaque du dessus est appelée « Koura » tandis que la plaque de dessous est appellée « Shiki ». Quoi qu’il en soit, ce processus est toujours utilisé aujourd’hui pour créer les boites à secrets.

Maintenant, je dois parler du « secret des boites à secrets ». J’ai réfléchis à la signification de « secret » des boites à secrets pendant quelques jours. J’ai remarqué que « secret » signifiait « bloqué » au fond.

La boite à secret est composée de la boite interne et la boite externe. Dans la boite externe se trouvent les « Aruki » qui peuvent bouger en haut/bas et les « Hashibami » qui peuvent bouger à gauche/droite. Tout deux ont un mécanisme interne. C’est à l’extérieur de la boite interne que se trouve le mécanisme. Le mécanisme « Botti » permet aux panneaux « Aruki » de se déplacer petit à petit, par accoups ou par « Otoshi », comme avec les marches d’un escalier. Grâce au mouvement de ce Botti, le panneau Aruki peut se déplacer de haut en bas et le panneau Hashibami peut se déplacer sur les côtés. Vous pourrez ouvrir la boite secrète en répétant ce mouvement. Si les paliers ou Otoshi de Aruki et Hashibami augmentent petit à petit, le mouvement deviens plus compliqué et il deviens également plus difficile de faire les mécanismes.

Le nombre minimum de mouvements à réaliser pour ouvrir une boite à secrets Japonais est de 2. Généralement, ce sont les boites à 10 ou 27 coups qui se vendent le mieux. Il existe d’autres artisants qui font ce genre de boite à secrets. Mais seul un maitre artisant pourra faire une boite à secrets à 54 coups correctement. Mes plus grandes boites à secrets mise en vente en magasin avaient 66 et 78 coups.

L’autre jour quelqu’un m’as demandé pourquoi je fesais des boites à secrets avec autant d’étapes. J’ai répondu : « Je suis un artisan, si je ne fait pas quelque chose que les autres artisans ne peuvent pas faire, je ne gagnerais pas d’argent. » C’est un fait. Je ne pourrait rien faire sans ce savoir faire. Si je peux faire quelque chose de grand, quelque chose que les gens s’arracheront ou quelque chose que personne d’autre ne peut faire, peut-être que je pourrais devenir encore meilleur.

La boite à secrets à 102 coups que j’ai faite, n’était pas destinée à la vente. J’ai essayé d’augmenter le nombre d »étapes pour une boite 6 sun, en utilisant les techniques actuelles. Cette boite a gagné un prix.

Après la boite à secrets à 102 coups, j’ai tenté la boite à secrets à 122 coups. Au débit, c’est Yottyan (surnom de Yoshiyuki Ninomiya) qui m’avais parlé d’un client qui voulait que je fasse une boite à secrets avec un nombre impressionnant de coups. Alors j’ai décidé d’en faire une. En réfléchissant à la forme et la taille que la boite devrais avoir, j’ai décidé qu’elle nedevais pas être trop grosse et je me suis imposé quelques restrictions. La taille est donc passée à 8 sun. Je voulais la rendre commercialisable dès le début. Avant de commencer j’ai donc tout calculé. Par exemple, sur une boite à 54 coups, une étape de Otoshi fait 8 rin (2.4 mm). Si j’avais utilisé les même mesures, la boite aurait été trop chère. J’ai donc décidé de choisir la mesure de 7 rin (2.1 mm) ce qui signifie que j’aurais 3 rin d’un côté, 4 rin de l’autre et une crevace de 1 rin. et c’est pour cela que sur cette boite même un petit mouvement peut provoquer des problèmes.

J’ai commencé par dessiner un plan, puis j’ai commencé la réalisation de la boite. Finallement j’ai réussi à la terminer.

La majorité du bois provenait de la région de Hokaido à l’époque mais aujourd’hui il viens de la région de Tohoku. La qualité est radicalement différente.

Je suis toujours nerveux à l’idée de faire une boite à secrets.

Concernant les outils et en particulier l’avion, à l’époque lorsque je devais aplanir une planche rugeuse, j’utilisais 3 types d’avions « Aroshiko » (grossier), « Tyuushiko » (milieu) et « Shiage » (finition). Si la feuille rabotée ne fait pas exactement la taille du raccord, vous ne pourrez pas l’utiliser car sinon vous ne pourrez pas empiler beaucoup de boites. Cette technique de base est très importante. Il faut savoir réparer son avion et l’affuter pour corriger cela.

Comment apprendre cette technique ? Il y avait un programme d’apprentissage datant de l’année Meiji 27 (1894). Un maitre prenait dans son atelier quelques élèves tout juste diplomés. Ils s’entraînaient à cet atelier jusqu’à ce qu’ils aient 20 ans ou qu’ils s’engagent (à l’armée). Mais ils n’avaient pas l’oportunité d’apprendre du maitre. Par exemple, s’ils voulaient apprendre à réparer leurs avion, ils allaient regarder discrètement l’avion de l’apprenti du maitre lorsque celui-ci n’était pas là. En gros ils volaient la technique de l’apprenti.

J’étais dans la dernière génération de ce système d’apprentissage. A cette époque il y avait plus de 150 apprentis et beaucoup d’artisans dans la ville de Yumoto. Donc Yumoto, prospéra. Pendant la guerre, certains apprentis ont rejoins l’armée, d’autres ont été tirés au sort. L’industrie touristique s’est changée en industrie de guerre. Durant cette guerre beaucoup d’artisans et d’apprentis ont été tués. Je suis certain que cela a causé beaucoup de tors à cette industrie.

Après la guerre la reconstruction a commencé petit à petit. J’ai commencé à faire des boites à secrets. Mon père avait apris à les faire quelque part. Les anciens artisans pouvaient faire toute sortes de produits en bois. Nous avons décidé de faire des boites à secrets. Pendant un certain temps, les grossistes vennaient à vélo et achetaient beaucoup de boites. Au moment de la guerre de corée, les américains venaient acheter une boite à secret en souvenir de leurs passage à Yokosuka. Rapidement les prix ont augmenté. J’ai apris la majorité des techniques à ce moment là. De cette faàon j’ai toujours fait des boites à secerts pour vivre.

Cet article est la traduction de la version anglaise que vous pourrez retrouver ici.